J’ai passé des années devant des écrans qui m’attendaient. Je les allumais, la machine était prête, et dans le silence de ce rectangle lumineux, un petit carré clignotait.
C’était tout. C’était assez.
Une première œuvre sur toile
Prompt est d’abord un tableau. C’est ma première œuvre abstraite : un carré bleu foncé, un fond blanc, une bordure cyan. J’avais volontairement réduit la composition à l’essentiel pour figer cet instant, celui du curseur qui attend une commande. Le moment silencieux où tout peut commencer.
C’est aussi la première œuvre que j’ai certifiée avec Authentificat, le smart contract que j’ai déployé sur Ethereum pour authentifier mes créations.
Je pensais en avoir fini avec ce sujet. Il est revenu.
L’instant d’avant, machine par machine
Je travaille aujourd’hui à faire de Prompt une série numérique. Le principe reste le même : ne garder que l’instant d’avant. Pas le code que j’allais taper, pas le programme qui allait s’exécuter. Juste la machine qui attend.
Ce qui change, c’est que chaque œuvre devient le portrait d’une machine précise de ma collection. Les trois premières sont là. Un vert phosphore cerné de noir. Un bleu clair presque plein. Un blanc presque total, avec un minuscule carré sombre.
Je ne les ai pas choisies pour leurs couleurs. Chaque teinte, chaque marge, chaque proportion vient de la machine elle-même. Chacune avait sa propre façon de s’allumer, d’afficher son fond, de poser son curseur.
Le curseur comme signature
En les étudiant, je me suis rendu compte que le curseur trahissait tout. Sa forme : carré plein, trait fin, avec ou sans contour. Sa taille. Sa position dans la page. Son rythme de clignotement, rapide ou lent.
Un Oric n’attend pas comme un Commodore. Ce que je cherche à capturer, ce n’est pas l’écran en général. C’est cet écran-là. Cette machine-là. Ce moment-là.
Ce qui vient
Chaque œuvre correspondra à une machine de ma collection. J’avance au rythme des portraits.
Je n’ai pas encore décidé sur quelle blockchain la série vivra. Ce que j’ai décidé, c’est l’essentiel : ne pas trahir les machines.